Colloque international autour du Conte

Mercredi 11 septembre 2019

Maison du Spectacle – la Bellone
Rue de Flandre 46
1000 Bruxelles

D’où émerge la parole contée?

Le conte puise-t-il sa source dans les mythes, les rites, les rêves?

Qui étaient les acteurs et auteurs de cette tradition orale ancestrale, Aèdes grecs, chamanes, griots…?

Que sont-ils devenus aujourd’hui ?

Quatre invité(e)s prestigieux venus des quatre coins du monde accompagneront cette réflexion sous l’œil pétillant de notre poétesse nationale, Laurence Vielle

Cette rencontre s’adresse à toute personne intéressée par le conte et l’oralité; artistes, enseignants, travailleurs sociaux, acteurs culturels, représentants politiques ou publics.

Laurence Vielle – poète nationale et glaneuse de mots
Marraine du colloque


« il y a entre nous des mots que tu dis que je dis
qui font vibrer l’air entre toi et moi
touchent ma peau
il y a entre nous
cette parole
qui fait chair
et nous enfante
chaque fois
qu’elle nous traverse »

Programme en cours d’élaboration. Suivez nous…

La mémoire des sources

Contes, légendes, mythes, proverbes, devinettes et énigmes, formulettes, chansons populaires répondent à des attentes qui sont celles de l’humanité. Les auditeurs y trouvent à la fois un espace de jeu, une parole qui fait lien, une invitation au voyage à travers l’espace et le temps, un système d’explication du monde, une mémoire, une morale, une sagesse.
Transmis de bouche à oreille, inscrits dans la durée, les récits oraux créent des liens dynamiques entre les générations, les cultures, les vivants et les morts. Le conteur est tout à la fois un quêteur de mémoire et un acteur privilégié de cette transmission.

Bernadette BRICOUT

Professeur émérite de littérature orale à l’Université Paris Diderot et professeur invité à l’université de Wuhan (Chine). Son enseignement et ses recherches, à la croisée des disciplines et des cultures, portent sur les origines et les interprétations des mythes et des contes de tradition orale.

Elle a publié notamment « Le Savoir et la Saveur, « Henri Pourrat et le Trésor des contes »(Gallimard, coll. « Bibliothèque des Idées »), « La clé des contes » (Seuil), « La mémoire de la maison » (Albin Michel). Elle a dirigé plusieurs ouvrages collectifs: « Le regard d’Orphée », « Les mythes littéraires de l’Occident » et « Mémoires du siècle » (Seuil).


Boubacar N’DAYE

Griot du Sénégal, il allie dans sa parole, tradition et modernité. Il produit des créations contemporaines aux racines profondes. « Ma bouche est une porte ouverte sur ma grand-mère », dit-il.

Conscient de la perdition de la tradition orale dans la société africaine, il fonde en 2007 les associations « Le Puit à Paroles » France et Sénégal qui ont pour objet de collecter la parole des anciens. Directeur de « Festiparole » Festival International itinérant au Sénégal.

« Quant on veut se ressourcer, on va vers le puit pour trouver de l’eau »
Gallo Mbenque


Regina MACHADO

Directrice du Festival « Boca de Seu » au Brésil,  docteur en éducation artistique et professeur à l’Université de Sao Paolo, conteuse, écrivain et metteuse en scène. 

Le conte est issu d’une longue tradition de parole et de mémoire humaine. Patrimoine vivant, patrimoine immatériel, il est témoin du temps, il est observateur du présent. Aujourd’hui où tant d’autres moyens et valeurs accompagnent l’humain dans sa destinée, quels est encore la place du conte et quel rôle a-t-il à jouer ? Les réponses qu’il propose, les questions qu’il soulève, sont-elles d’actualité ? Fragile et éternel ; éphémère et tenace : est-il si important ? Qu’a-t-il à apporter ? Comment se porte-t-il ? Quelle est encore sa portée ?


 Ukamau

(« Ce qui est juste » ou « Que ce qui doit être soit »)

L’oralité est l’essence même de la tradition aymara. Les notions transmises de génération en génération, ou de maîtres à apprentis, font essentiellement appel à l’acuité de tous les sens et aux ressentis*; elles sont donc difficilement transmissibles par les écrits. Par exemple, quand un Aymara dit : « Ukamau », c’est une « vibration » qui recouvre un sentiment éminemment « inclusif », qui englobe les « actions » non seulement d’un ou de plusieurs individus, mais de tous les éléments de la la Terre-Mère et aussi… de celui qui écoute.


*Cette voie s’appelle la voie du sentir.

CHURLA FLORES

Churla-Flores est originaire des  Hauts- plateaux boliviens  près du lac Titicaca centre de la religiosité aymara. Son nom signifie : « celle qui peut transmettre, à travers son regard, la tendresse de la mère. » La voie qu’elle suit est la voie du sentir ou, selon les occidentaux, la voie chamanique. Les aymaras appellent le chaman un  » Kalawaya « , le porteur d’arc en ciel, celui-qui-accompagne les êtres vers l’intérieur d’eux-mêmes, vers l’unité, ou aussi celui qui est dans la vibration de la Terre Mère.


Le Journal n°51 de Culture et Démocratie qui paraîtra en octobre sera entièrement consacré aux intervenants et à la thématique du colloque : l’Oralité.

Contenu en cours

Une rétrospective générale de l’art du conte réalisée par Henri Gougaud ; l’histoire du conte en Belgique francophone, sa reconnaissance, ses multiples courants/pratiques (du conte traditionnel à la création contemporaine) et ancrages culturels, le métier de conteur·se, la fonction symbolique du conte, ses modes de transmission : la tradition orale, la collecte, le rapport entre oralité et écriture…

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